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La Chapelle de Hattisheim

En ces temps-là...

En ces temps-là, un homme gardait ses chevaux sur les prairies d'Hattisheim. On était en l'An 1400 et les paysans craignaient la pénombre des sentiers et accordaient aux sources des pouvoirs particuliers. C'est ainsi qu'un jour le brave gardien de troupeau, près de la source qui coulait sur une parcelle arborée, fit la rencontre de la Vierge Marie. Il était commun, en de tels cas, qu'un support de prières soit érigé. Notre gardien ne fit pas exception à cette règle et bâtit un petit hôtel, qui devint, des siècles plus tard, une chapelle baptisée Notre-Dame-des-Sept-Douleurs.


Le lieu était régulièrement visité par les gardiens de vaches, de porcs, d'oies et de moutons qui passaient par là, mais aussi par les paysans, les bûcherons et les chasseurs. La chapelle comportait une cave, qui servait de refuge en cas de danger, et un logement, où vivaient les Kappellers (en alsacien, " gardiens de chapelle "), sortes d'ermites retirés du village.

Saint Wendelin, protecteur des animaux domestiques

La méfiance des autorités vis-à-vis des citoyens qui vénéraient les éléments naturels engendra, dans le coin également, un évènement dramatique.

En 1616, deux femmes, Appollonia Spehner et sa fille Dorothée, furent accusées d'actes de sorcellerie et condamnées à mourir sur le bûcher. Sous la torture, elles avouèrent avoir nui aux vaches en les empêchant de donner du lait. Elles auraient aussi été à l'origine d'épidémies et de grêle ravageant les champs de céréales. La proximité avec le bétail est, de nos jours, rappelée par la statue de Saint Wendelin, patron des animaux domestiques. Vénéré il n'y a encore pas si longtemps par les paysans, le Saint trône à droite de l'hôtel dans la chapelle.


Le lieu fait aujourd'hui partie des plus anciens pèlerinages de la Vierge Marie en Alsace. Il est ouvert aux promeneurs et un groupe de croyants égraine le chapelet chaque dimanche après-midi. La Chapelle est précédée d'une porte symbolique, sorte de morceau de mur de trois mètres de long, où est enchâssé un carré comportant les premières lettres de chacun des mots du Notre Père en latin, moyen mnémotechnique pour réciter cette prière avant d'entrer sur le territoire saint. Clin d'œil à l'époque où la spiritualité était liée à l'environnement naturel, la Chapelle se trouve sur un territoire labélisé Natura 2000 par la politique européenne de protection de la nature.

Aux origines de Geispolsheim, le " village près de la borne "

La chapelle fut détruite et reconstruite à plusieurs reprises, la dernière fois remontant à l'incendie de 1833. Hattisheim, village auquel elle était rattachée, a pour sa part disparu depuis des siècles et son territoire appartient à présent au banc de la commune de Geispolsheim, qui abrite actuellement 7.000 âmes.

Les origines de Geispolsheim sont floues. Selon les hypothèses au contenu le plus légendaire, son nom viendrait de son fondateur, le compte Gebitzo. Selon d'autres, le village serait bâti sur les vestiges d'un ancien site gaulois nommé Gaiso-Boduo, le Combattant au Javelot. Mais l'explication la plus probable viendrait de la dénomination la plus ancienne connue :

Geispolsheim aurait porté autrefois le nom de Geisbodesheim qui proviendrait du celte Djeis-Bodina, signifiant " le Village à côté de la Borne ". En effet, au moment de l'occupation romaine, Strasbourg et le village de Blaesheim étaient reliés par une route à une lieue celtique de laquelle se trouvait Geispolsheim. Djeis-Bodina se serait déformé en Geispoden, Geispolten, puis Geispotzheim au moment de l'arrivée des Francs. Aujourd'hui, les sonorités germaniques de l'appellation actuelle (" geis ", la chèvre et " heim ", le village) en ont fait le " village de la chèvre ". Pourtant, la chèvre tirant la langue sur le blason actuel du village n'est que le produit des tourments de l'Histoire et des défaillances de la mémoire collective. Quoi qu'il en soit, le défilé de la biquette mascotte du village en tête du cortège lors de la Fête de la Choucroute fait bel et bien partie du folklore.